Affichage de 81–85 sur 85 résultats
-

Je viens d’avoir 11 ans cet avril 1960, et j’apprends que je vais partir au Séminaire de Chavagnes-en-Paillers rejoindre des dizaines d’autres enfants. Comme eux, on m’a découvert la vocation sacerdotale. J’ai soi-disant reçu un mystérieux appel à être prêtre. En réalité, cette élection ne résulte ni d’un événement extraordinaire, ni d’un choix personnel, mais de la conjuration d’adultes : enseignant, abbés de la paroisse, recruteur spécial autour du bon élève d’une famille catholique modèle plus ou moins subjuguée. Je deviens ainsi l’agneau sacrifié d’une Église en mal de troupes pour assurer son développement. Mon enfance va m’être arrachée, ma singularité piétinée. Je vais connaître l’humiliation et la souillure, la solitude et la mélancolie avant d’être chassé six ans plus tard du troupeau et revenir vers des parents déçus et incompréhensifs. Bousculé dans ma construction d’être, privé notamment d’adolescence, je resterai marqué à vie par ces années, blessé en particulier par la distension du lien avec une mère qui m’a alors laissé partir.
-

« Il y a des trous, bien sûr ; plus de témoins. Et ma tante n’était pas du genre à se confier, par nature. C’était de sa génération, ce silence ; une question d’éducation. » Madeleine et Guy forment aux yeux de leur nièce, la narratrice, un couple conventionnel. Pourtant, en 1955, année de leur mariage, ils se sont embarqués pour le Cameroun, plongeant dans l’histoire tourmentée de la fin du mandat français : à Douala, la timide Madeleine, déracinée de sa Bretagne natale, ne s’habitue pas aux intrigues en cercle fermé du milieu colonial. Mais c’est là, dans ce monde en sursis, que son chemin croise celui d’Yves Prigent, un séduisant aventurier. Leur brève rencontre, vécue entre la tentation et les regrets, raconte le secret de beaucoup de femmes.
-

Paul Blick a huit ans lorsque son frère meurt brutalement, le jour où la France entérine la Ve République. De Charles de Gaulle à Jacques Chirac, des premiers baisers aux premiers cheveux blancs, Blick hésite entre désir de révolte, confort bourgeois et recherche d’un absolu désillusionné. Cette vie française, à laquelle chacun peut s’identifier, est inscrite dans une Histoire en marche et subit le monde autant qu’elle le construit.
-

« Au cours d’un discours, j’avais prononcé cette phrase : “Quand on parle des morts, les morts nous écoutent.” Je ne parle jamais de mes sentiments personnels, mais la condition des enfants de déportés est tout de même singulière. Je ne crois pas qu’il faille perdre le souvenir et je ne crois pas que l’on doive vivre pour le souvenir et dans le souvenir des morts. Honorer les morts, s’en souvenir et vivre. Je crois que c’est ça, le véritable hommage à leur rendre. En essayant d’être fidèle à ce qu’ils pensaient, mais surtout : vivre. » Dans ce récit intime, Robert Badinter raconte sa vie avec une éblouissante sincérité. En 2006, pour l’INA et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, il convoque ses souvenirs d’enfance, dont l’arrestation et la déportation de son père. En 2023, toujours pour l’INA, l’homme de l’abolition livre son dernier entretien. Un témoignage pour l’histoire.
-

Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume.
À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment,
malgré tout, la vie doit continuer.
C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.
Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. Vous n’aurez pas ma haine est son premier livre.